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ENTRETIEN AVEC BABACAR DIAGNE, DG DE LA RTS : « Radio Sénégal a été stigmatisée pendant longtemps»

par | 8 Oct 2010 | Actualités | 0 commentaires

babacar-diagneAu cours d’une assemblée générale tenue mercredi dernier, les travailleurs de Radio Sénégal ont dénoncé leurs mauvaises conditions de travail dues à la vétusté des studios, mais aussi le retard du paiement des primes, des indemnités et autres. Suffisant pour faire sortir Babacar Diagne de son mutisme. Le directeur général de la Rts nous a reçus, avant-hier dans son bureau, pour apporter des réponses aux questionnements de ses travailleurs. Dans l’entretien qui suit, le patron de la Rts revient sur les investissements faits à Radio Sénégal et règle quelques comptes.
Walf Grand-Place : Vétusté du matériel de la radio, des moustiques dans des studios, absence de climatisation… Autant de points de revendications de la section Synpics de la Rts. Quelles réponses, la direction générale peut-elle donner aux travailleurs ?
Babacar Diagne : Ce que je peux dire, c’est que depuis mon arrivée, j’ai refait la climatisation du studio, j’ai aussi apporté des chaises. J’ai trouvé une station en situation difficile. Elle date de 70 ans. Elle dépasse de loin toutes les radios. J’ai changé deux fois la clim. Et là je suis en train de la réparer. La réalité, c’est qu’il y a beaucoup à faire. Ce n’est pas seulement à Dakar. J’ai un contrat de 100 millions avec des Italiens pour l’équipement des studios à Dakar. Quand j’arrivais, on parlait même pas de ça. Ils parlaient de salaires. J’ai payé 60 millions juste après mon arrivée. À la fin du mois, j’ai payé. Au bout d’un certain temps, on avait des problèmes. Il reste encore, parfois, des choses à faire. Et puis, on a exigé un plateforme, comme quoi on doit payer avant le 5. Ça fait deux ans de cela. Et on a parlé du 13e mois puisqu’il y avait des retards sur ce plan. On a tout payé intégralement, y compris les primes de Korité, de Tabaski et de la rentrée scolaire. Maintenant, on en arrive aux primes pour les reporters. Et ça aussi c’est réglé. Il y a «n» primes et de salaires. Les salaires sont assez importants. La masse salariale de la Rts approche les 400 millions par mois pour un millier d’employés. C’est une grosse boîte. Mais je veux dire qu’il n’y a pas de comparaison possible entre ce que nous faisons en télévision et ce qui est fait en Afrique. Nous sommes de loin la première chaîne de télévision en Afrique. Il faut aller en Afrique australe pour voir. Maintenant, il ne faut pas s’arrêter là. Il faut continuer ce qu’on a entamé avec les commodités et tout ce qui a été fait.

Les travailleurs disent également qu’ils peinent à rentrer dans leurs fonds, notamment quand il s’agit de primes d’habillement ou de départ à la retraite…
Les primes reviennent aux reporters, pas forcément à tout le monde. Puisque ça prenait trop de temps, je me suis dit : «Arrêtons ­nous ! Publions des listes sur lesquelles il y a consensus !» Ceux qui pensent qu’ils sont lésés, qu’ils écrivent au directeur général. Et je vais envoyer tout devant une commission que nous avons mise sur pied, Elle va décider de ceux qui feront partie ou non. Certains pensent effectivement que certains, s’ils y participent (à l’émission kin­kéliba), ils vont cumuler des primes. D’autres disent que puisqu’ils sont des reporters, ils ont droit à la prime. Ça, c’est le point de divergence. Ils ont le droit de revendiquer. Ce sont de jeunes frères à moi. J’ai fait 30 ans à la Rts. Je gère comme un manager.

Les travailleurs s’inquiètent aussi des taxes sur les rappels. Pouvez-vous nous éclairer sur ce point ?
Moi, je respecte les règles de gestion. Nous gérons ça dans le respect de ces règles. Si vraiment c’est une possibilité, je ne vois pas d’inconvénients. Si vraiment, la législation en vigueur au Sénégal, l’exige, je ne sais pas. Les salaires sont, d’ailleurs, imposés à la source. Franchement, je ne suis pas au courant.

Les travailleurs de la radio se disent également victimes de discrimination…
Moi en tout, quand je décidé, je demande aux gens de mettre un reporter télé et un reporter radio. Si c’est une personne extérieure qui invite, ça je n’y peux rien. Les reporters voyagent à tour de rôle.

Qu’est-ce qui est à l’origine du désintéressement des auditeurs des programmes de Radio Sénégal ?
Ils (Ndlr : les travailleurs) ont posé le problème. Moi, je pense qu’on a une bonne radio, de bons programmes. Mais elle a été stigmatisée pendant très longtemps. Une radio publique ça date de la naissance de Sud fm c’est une radio perçue comme celle du pouvoir. Ça, ce n’est pas du nouveau. Tout ce qui est audiovisuel public est stigmatisé. Maintenant, quand je suis arrivé, j’ai demandé qu’on change les choses. J’ai fait un diagnostic assez dur. Je me dis qu’il serait mieux de renforcer les moyens de la télé, et faire en sorte que la radio soit écoutée. Donc; c’est ça. Comme ça, la grande radio est très présente dans les régions, beaucoup moins à Dakar. Avec la naissance de Sud fm, elle a perdu beaucoup d’espace.

L’émission Kinkéliba a fait couler beaucoup de salives ces derniers temps. C’est quoi au juste ce concept ?
C’est un concept matinal. C’est la meilleure émission aujourd’hui, le matin, sur l’espace audiovisuel sénégalais. C’est de 6 heures à 8 heures du matin. Pour rien vous cacher, il y a deux organes de la place, qui veulent copier le concept. Premièrement, ils disent qu’ils y vont pour damner le pion à la Rts. Heureusement, une télévision nouvellement installée a voulu débaucher tout le monde. Une télévision que je ne nommerais pas, mais nouvellement installée. On devine facilement. Aboubacry Bâ a été reçu par le patron de cette chaîne. Sarah Cissé a été aussi reçue par le même patron, grand chanteur devant l’éternel. Et il voulait débaucher l’ensemble des gens de Kinkéliba. Ils ont tous dit non. Ils veulent rester à la Rts. Pourtant, il n’y a qu’une seule embauchée dans l’équipe de Kinké­liba, c’est Sarah Cissé. Les autres dont on parle, ont des cachets.

Source : Walf Grand Place via Seneweb.com

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