telephonesLa résistance des travailleurs de la Sonatel pourrait-elle empêcher l’Artp et son partenaire Global Voice, de pénétrer dans les installations de la compagnie de téléphonie pour y installer leur matériel de supervision ? Et si d’aventure, cela arrivait, qu’en sera-t-il de la procédure de contrôle des appels que l’Etat, à travers l’Agence de régulation des télécommunications et des postes, a-t-il voulu instaurer ? Pour le Secrétaire général de l’intersyndicale des agents de la Sonatel, la question à ces réponses est simple : « Sans l’installation de ce matériel, l’Artp ne pourrait justifier la rémunération qu’elle voudrait opérer au profit de l’Artp. »
Le syndicaliste rappelle qu’en son temps, la direction de l’Artp avait menacé qu’en cas de blocage de la part de Sonatel, ses services allaient envoyer à la société des factures estimées de consommation. « Or, s’ils faisaient cela, ils n’auraient aucune base pour rémunérer Global Voice, leur partenaire. » Pour M. Mamadou Aïdara Diop, l’équipement de Global Voice n’a rien à voire au sein de Sonatel, et ses collègues et lui vont s’opposer par tous les moyens à leur disposition, à son installation.

A l’Artp, comme à la Sonatel, la direction se mure dans un silence générateur de questionnements. Cependant, certains cadres acceptent de s’exprimer, sous le sceau de l’anonymat. Et c’est pour déclarer que, « contrairement à ce qu’affirment les syndicalistes de Sonatel, aucune équipe de l’Artp ni de Global Voice ne s’est encore rendue à la Sonatel. Les gens discutent encore au niveau des techniciens, parce qu’il y’a encore beaucoup d’informations que la Sonatel doit nous fournir, afin que nous puissions voir quel genre de matériel nous devrions installer ». Et sur la menace des travailleurs de leur bloquer l’entrée, ce fonctionnaire de l’Artp a un rire ironique : « La loi donne à l’Artp le droit et la possibilité de pénétrer dans les installations de Sonatel et de vérifier ce qui lui plaît. Et si, à Dieu ne plaise, un agent de la Sonatel veut empêcher un agent de l’Artp de faire son travail ou d’installer son matériel, les sanctions qui en découleraient seraient terribles, eux-mêmes le savent. » Ce à quoi les travailleurs répliquent que l’Artp n’a jamais éprouvé le moindre besoin, depuis ces années, d’auditer la Sonatel ou de vérifier ses comptes. Et elle a la possibilité de désigner un cabinet d’audit qui ferait ce travail, au frais de l’opérateur téléphonique, sans avoir le besoin de s’adjoindre l’appui de Global Voice qui n’est là, ils en sont convaincus, que pour des motifs financiers, et non techniques.

Mohamed Guèye

Source : Le Quotidien, 18 août 2010 via Osiris.sn